Cimabue
La Vierge aux anges
(Bois 4,24 m x 2,76 m)
Assise sur un trône porté par six anges, les pieds posés sur un escabeau gothique, la Vierge présente l'Enfant Jésus bénissant, vêtu de l'himation, le traditionnel manteau oriental et, selon la règle byzantique, porteur du rouleau, le volumen.
Cette Madone ressemble à celle de la basilique inférieure d'Assise. Elle est aussi très proche de la Madone de la Sainte-Trinité, au Musée des Offices de Florence, que les historiens attribuent à Cimabue par analogie stylistique avec la mosaïque de l'abside du Dôme de Pise, seule oeuvre donnée avec certitude au grand initiateur de la peinture italienne. Car nous avons peu de connaissances historiques sur ce maître toscan, qui fut un des premiers à sortir de l'anonymat collectif du moyen âge, devenant figure légendaire au point qu'il est même trouvé au dix-neuvième siècle des historiens pour douter de son existence.
Cette Vierge, autrefois dans l'église San Francesco de Pise, est probablement une oeuvre assez tardive de Cimabue et certainement postérieure au séjour que fit le peintre à Rome en 1272, où il eut la révélation de la tradition antique par Cavallini. En effet, si les attitudes, les draperies, les détails iconographiques sont encore strictement byzantins, la grandeur de la composition symétrique, la simplicité du mouvement ascendant depuis la base du trône jusqu'à la tête de la Vierge, l'aisance du dessin et des modelés annoncent déjà les libertés du Trescento.