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L’idéalisation narcissique

(Herbert A. Rosenfeld)

Cliniquement, les relations d’objet narcissiques apparaissent souvent à l’analyste, et sont aussi vécues ou ressenties par le patient comme des relations idéales et désirables. Par exemple, au cours de l’analyse, la relation à la mère/cabinets est fréquemment ressentie comme idéale: en effet, le patient se trouve soulagé lorsque, au cours d’une séance, il peut se décharger immédiatement sur la personne de l’analyste de tout ce qui lui est désagréable.

Lorsqu’il s’attribue la possession de l’analyste, comme celle du sein qui l’a nourri, il s’attribue ainsi le mérite de toutes les interprétations satisfaisantes de l’analyste, et cette situation est vécue comme parfaite ou idéale parce qu’elle lui permet de renforcer, pendant la séance, le sentiment de sa propre valeur et de son importance.

Parfois, les patients narcissiques se représentent leur relation avec l’analyste comme idéale et mutuellement satisfaisante, l’identité du patient et celle de l’analyste ne s’y trouvant pas différenciées, situation qui rappelle la description que Freud a faite du sentiment océanique. Un autre exemple de l’idéalisation narcissique est celui du patient qui se sent aimé par tout le monde ou exige que tout le monde l’aime parce qu’il est tellement digne d’être aimé.

Tous ces patients semblent avoir en commun le sentiment qu’ils contiennent en eux tout le « bon » qui autrement serait éprouvé dans une relation à un objet. Généralement, nous rencontrons une image de soi fortement idéalisée qui domine la situation analytique; en même temps, tout ce qui peut venir déranger cette image est l’objet d’une défense rigoureuse et d’un déni omnipotent.


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