Le transsexuel refuse son sexe
(Robert Stoller)
Il sagit dun symptôme rare, beaucoup plus rare que les cas de patients qui souhaitent « changer de sexe ». Cest peut-être pour cette raison que les théoriciens affirment que les transsexuels ne sont pas tels que je les ai décrits plus haut. A lexception de mes données, dans presque tous les articles sur le transsexualisme masculin, les données cliniques font état dépisodes ou de longues périodes où le patient a lair masculin, se comporte de façon masculine, fait des expériences hétérosexuelles ou manifeste une perversion sexuelle et présente dautres signes indiquant que la féminité nest pas du même type que ce que jai évoqué plus haut.
Une chose doit être soulignée presque tous les hommes ressentent profondément tout ce qui a trait à leurs organes génitaux, ils sen préoccupent et y trouvent plaisir. Ces organes sont à la fois une source directe de sensations et la confirmation que le sexe qui leur a été assigné est le bon, que leur identité sexuelle est inéluctable et que leur masculinité est précieuse.
Si ces positions sont menacées, les hommes érigent presque tous des mécanismes de défense - presque tous mais pas les transsexuels véritables. Ils ne veulent pas de leurs organes génitaux masculins, ils nen ont pas besoin et nen tirent aucun plaisir; ils ne font aucun effort pour les préserver, concrètement ou symboliquement. La perversion, en revanche, est intensément recherchée - gratification privilégiée et non pas rejet de ces organes mêmes.
Cest seulement en présence de ce tableau que lon trouve les facteurs étiologiques ci-après; inversement, ce nest quen présence des facteurs étiologiques ci-après que se rencontre cette forme de féminité.
Jai pu constater ce qui suit dans tous les cas remplissant les critères de transsexualisme masculin; lorsque ces facteurs sont moins marqués ou que certains dentre eux manquent, on note un degré moindre de féminité et le patient na plus lapparence du transsexuel classique.