banner_bibliotheque.gif (8674 octets)

Existe-t-il une envie masculine des attributs féminins ?

(Karen Horney)

Je voudrais faire valoir trois considérations contre cette opinion

1) Chez les garçons du même âge nous rencontrons des expressions parallèles sous forme d’envies de posséder des seins ou d’avoir un enfant.

2) Dans aucun des deux sexes ces manifestations n’ont d’influence sur le comportement de l’enfant considéré comme un tout. Un garçon qui désire avec véhémence avoir des seins comme sa mère peut en même temps se comporter avec une authentique agressivité de garçon. La petite fille qui regarde avec admiration et envie les organes génitaux de son frère peut simultanément se comporter comme une vraie petite femme. Il ne semble que la question reste de savoir si de telles manifestations à cet âge précoce doivent être jugées comme des exigences instinctuelles élémentaires ou si nous devons les placer peut-être dans une autre catégorie.

3) Il peut y avoir une autre catégorie si nous admettons l’affirmation que dans chaque être humain il existe une disposition bisexuelle. Son importance pour notre compréhension a toujours été accentuée par Freud lui-même. Nous pouvons supposer que, quoique â la naissance le sexe définitif de chaque individu soit déjà physiquement fixé, le résultat de notre disposition bisexuelle toujours présente et à peine inhibée au cours de son développement est que psychologiquement l’attitude des enfants en face de leur propre rôle sexuel est tout d’abord incertain et provisoire. Ils n’en ont aucune conscience et par conséquent expriment naïvement des désirs bisexuels. Nous pouvons aller plus loin et supposer que cette incertitude ne disparaît qu’à mesure que naissent des sentiments d’amour plus forts dirigés sur des objets.

Pour élucider ce que je viens de dire, je puis mettre l’accent sur la nette différence existant entre ces manifestations bisexuelles diffuses de la première enfance avec leur caractère folâtre, volage, et les manifestations de la période dite de latence. Si à cet âge une fille désire être un garçon - mais là encore la fréquence de ces désirs et les facteurs sociaux qui les conditionnent doivent être étudiés - la façon dont cela détermine son comportement tout entier (préférence pour des jeux et des façons de garçon, négation de ses traits féminins) révèle que de tels désirs émanent d’une tout autre profondeur de la psyché. Cette image,

Si différente de l’image antérieure, représente cependant déjà l’aboutissement de conflits psychiques qu’elle a déjà traversés et ne peut par conséquent, sans affirmations théoriques particulières, être revendiquée comme une manifestation de désirs de masculinité qui auraient été biologiquement fixés.


bilan

next