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Les parents ne sont pas responsables des névroses de leurs enfants

La peur injustifiée des parents de commettre des erreurs

(Bergler)

Les parents ont peur de leurs enfants. La Peur est le complément de l’équipement de toute nursery moderne. Il s’agit malheureusement d’une peur complexe et plus difficile à nier que les craintes toutes simples qu’éprouvaient nos grands-parents. Ceux-ci se tourmentaient surtout pour la santé physique de l’enfant.

Aujourd’hui, l’appareil psychique de l’enfant est un sujet d’angoisse. Une « erreur » du père ou de la mère pourrait provoquer un préjudice irréparable. Réprimer un seul effort de l’enfant pour « s’exprimer » pourrait être catastrophique. Les parents abordent l’éducation de l’enfant avec appréhension et panique.

L’hypothèse inexacte veut qu’il existe un lien direct entre les actes, les mots et les attitudes des parents et le comportement de l’enfant et son développement ultérieur. Ce n’est pas le cas. Si les enfants reflétaient réellement la bienveillance ou la cruauté de la conduite parentale, le résultat final du processus éducatif pourrait être aisément prévu.

Des parents compréhensifs, bons, aimants, auraient toujours des enfants normaux, bien équilibrés. Des parents durs, méchants, sans tendresse, auraient en conséquence des enfants névrosés qui deviendraient des adultes névrosés.

Si l’erreur populaire est très répandue, aucune preuve clinique ne vient étayer cette croyance. Les enfants névrosés sont fréquemment issus de milieux relativement normaux; des enfants mentalement sains naissent fréquemment de familles névrosées.

La logique culinaire veut que l’emploi d’ingrédients appropriés produise de bons résultats. Mais en matière de comportement humain, le seul élément qui ne puisse être mesuré est la personnalité spécifique et unique de chaque individu. Nous commençons ici avec un élément impondérable et inconnu.

Les parents inquiets se demandent : «  L’expérience infantile ne provoque-t-elle pas des résultats décisifs dont l’influence pendant toute la jeunesse jusqu’à l’âge adulte ? » Oui, l’expérience laisse son empreinte sur la psyché de l’enfant. Mais c’est l’expérience telle que l’enfant la voit; et ce qu’il perçoit et retient n’est pas nécessairement le fait de la réalité. Ce qui souvent est remémoré n’est pas l’image fidèle des événement et de l’environnement.

Se basant sur les conclusions des recherches fondamentales de Freud, la psychiatrie moderne soutient que ce sont les élaborations internes que l’enfant a de ses expériences, les fantasmes qu’il choisit de créer du monde qui l’entoure, qui ont un effet tellement tenace.

C’est ce qui explique pourquoi les résultats de l’influence extérieure sont limités, même contradictoires, et pourquoi parents et éducateurs contrôlent moins l’avenir de l’enfant qu’on ne le suppose généralement.

L’influence parentale n’est qu’une des trois forces qui contribuent à former le destin de l’enfant. Les parents représentent l’environnement; ils ne jouent aucun rôle volontaire dans le patrimoine biologique de l’enfant qui détermine la rapidité et l’orientation de son développement. Ils ne jouent aucun rôle dans son élaboration inconsciente de ces influences. Les parents sont vraiment impuissants devant la force décisive : l’élaboration inconsciente des fantasmes de l’enfant.

Puisque des trois, seul l’environnement peut être extérieurement manoeuvré, les gens qui souhaitent le progrès ont énergiquement appelé de tels changements. Dans la campagne frénétique lancée pour modifier les attitudes parentales, ils ont ignoré le fait qu’une seule des influences affectant l’enfant était affrontée. Améliorer l’environnement était insuffisant.

La théorie pédagogique moderne - exigence agissante des parents et des professeurs, obéissance passive de l’enfant - a été d’un certain avantage superficiel pour l’enfant. La technique éducative brutale unilatérale a disparu, même si l’enfant paye chèrement ce progrès en étant soumis à plusieurs changements moins heureux.

En échange d’un slogan officiel de confiance, les parents ont dû acquérir une patience angélique surhumaine et accepter la peur comme compagne de chaque effort éducatif, tout comme ils pèsent la quantité d’« erreurs » qui peut s’être infiltrée dans chaque «attitude atavique possible ». Cette crainte constante est proportion face au préjudice que les « erreurs » parentales peuvent infliger à l’enfant.

Quelque douloureux que puissent être les faits réels pour les défenseurs de la théorie contemporaine, la vérité est que la réalité présentée à l’enfant est simplement le matériel brut. Ce que l’enfant fait de ce matériel brut dépend entièrement de ses propres décisions inconscientes.

Dans une situation familiale défavorable un enfant peut se développer jusqu’à l’âge adulte en corrigeant les influences frustrantes. Un autre enfant, né dans une situation familiale idéale, peut transformer de petits incidents en « injustices» et ultérieurement, devenu un adulte névrosé, persister dans le sentiment d’avoir été lésé.

Deux frères élevés ensemble par une mère désagréable et dominatrice résolurent le même problème différemment. Un des garçons corrigea son expérience infantile en épousant une jeune fille douce et aimante. L’autre frère perpétua sa déception infantile en épousant une femme déplaisante et froide qui lui fit mener une existence misérable.

Un artiste agi de vingt-huit ans vint me consulter. Très excité, il tenta de m’expliquer pourquoi il était homosexuel. Il se mit à faire le diagnostic de son cas. Sa mère avait été responsable de son dégoût des femmes. D’après lui, elle était un être cruel qui avait « mis son père en bouillie ». Il décrivit l’attitude de sa mère à l’égard de son père comme celle d’un chat jouant avec une souris avant de la dévorer. L’atmosphère familiale avait été d’une froideur monotone, également pénible pour le patient et pour son frère jumeau.

Les deux garçons commencèrent leurs pratiques homosexuelles à onze ans. Ils continuèrent jusque vers dix-huit ans, lorsqu’ils se séparèrent pour aller dans des universités différentes. A partir de ce moment-là les deux frères ne communiquèrent guère. Peu de temps avant devenir me voir, le patient avait fait un long voyage pour revenir à sa ville natale assister au mariage de son frère.

« Alors votre frère n’est pas un homosexuel ? », demandais-je.

« Non. Il a épousé une fille assez gentille ».

« Alors, qu’advient-il de votre théorie selon laquelle votre mère est responsable de votre homosexualité ? Votre frère n’a-t-il pas subi la même influence et pendant la même période ? »

Le jeune homme eut l’air surpris. Il reconnut avec une certaine répugnance qu’il avait assisté au mariage de son frère pour contrôler et vérifier si la jeune fille était « vraiment gentille». Une « recherche» approfondie ne lui offrit aucune « pièce à conviction ». Toutes ces preuves à l’encontre de sa théorie ne l’empêchèrent pas, immédiatement après, de poursuivre ses accusations contre la mère « cruelle ».

Une question logique est la suivante : : « Pourquoi attendre que l’enfant corrige les influences défavorables ? Pourquoi ne pas empêcher le besoin de naître en rendant l’influence parentale favorable ? » Deux obstacles surgissent. Primo, la personnalité des parents; secundo, l’incapacité de l’enfant à voir la réalité telle qu’elle est. Allons plus avant :

Les parents sont des gens moyens; comme tout le monde, ils ont de nettes tendances névrotiques à combattre. Aucun endoctrinement par les principes de la pédagogie moderne ne leur apprendra autre chose qu’une compréhension très superficielle; et on ne peut analyser tous les parents. L’enfant est beaucoup moins affecté par des mots de tolérance que par sa propre intuition. Un geste, une inflexion de voix, un regard passant de l’exaspération à la fureur - tout cela est pris très au sérieux par l’enfant et annule l’assurance des mots amicaux qui peuvent accompagner une telle communication muette.

Même si Je caractère névrosé des parents n’intervient pas, l’éducation tolérante impose des charges tellement intolérables à des parents naturellement bons que des explosions d’impatience et de colère sont inévitables. Cette tension excessive est devenue tellement évidente que la doctrine primitive de tolérance a été modifiée. La dernière règle pédagogique semble être : « Ne réprimez pas votre désapprobation devant les actes impossibles de l’enfant. Expliquez-lui que vous l’aimez en général, même si vous désapprouvez son acte inadmissible. »

Même les défenseurs de ce précepte ne peuvent expliquer de façon satisfaisante comment l’enfant peut être empêché de négliger l’amour sous-jacent et de se concentrer unilatéralement sur la désapprobation.

L’idée ingénieuse à l’origine de l’éducation tolérante est basée sur les concepts adultes de réciprocité : sois gentil avec moi et je serai gentil avec toi. Très raisonnable mais totalement inapplicable aux enfants. L’hypothèse est que les enfants sont capables de voir la réalité. Il n’en est rien. Tous les enfants imprègnent leur vie de fantasmes, de malentendus et de fausses interprétations, les déplaçant sur le monde qui les entoure, que celui-ci soit favorable ou défavorable. L’enfant voit la réalité à travers ses conflits intérieurs. Sa réalité, ses modèles ne sont pas ceux des adultes, tout comme ses conflits ne sont pas ceux des adultes.

L’enfant qui grandit doit affronter une multiplicité de problèmes intérieurs dont deux échappent à l’influence parentale. Ce sont se sont le masochisme psychique et la projection. Ces termes seront discutés en détail; mais voici un aperçu de leur application pratique.

Sur la base de la « mégalomanie infantile », chaque enfant commence par vivre l’illusion qu’il commande à son univers. Rendu furieux par la nécessité de se soumettre aux adultes « insensés », incapable d’exprimer sa colère extérieurement en raison de l’imperfection de son corps et en raison de la personnalité des « gens à auréoles » (parents et éducateurs) qui l’entourent, il devient la cible de sa propre fureur - phénomène rendu inévitable par le que la colère une fois éveillée doit trouver un objet. (Comme l’a affirmé Freud, une pulsion est plus « intéressée » par sa libération que par l’objet contre lequel elle est dirigée.)

Victime de sa fureur (agressivité) et en même temps à la recherche de plaisir, l’enfant doit trouver un moyen de sortir de sa situation inconfortable. Il le fait en recouvrant son auto-agressivité d’une patine de plaisir. De cette façon, inconsciemment, il s’adapte à un modèle de « plaisir-déplaisir », un modèle scientifiquement appelé masochisme psychique. Il en résulte qu’il développe une tendance inacceptable pour sa conscience inconsciente (surmoi).

Lorsque le modèle est solidement établi, l’enfant ne peut y renoncer; il crée donc une fiction ingénieuse pour le rendre acceptable; il maintient, inconsciemment, qu’il n’aime pas le déplaisir, mais qu’il est une victime de la malveillance extérieure. Cela rend compte des provocations fantastiques de certains enfants, provocations que les punitions parentales ne peuvent empêcher.

J’ai demandé à un adepte de la théorie non punitive: que feriez-vous si votre fils de trois ans établissait son programme comme suit: heures préférées de sommeil de huit heures à dix-huit heures; manière préférée de manger : dissection manuelle de la viande crue; sport favori : mettre le feu à la maison avec des allumettes exclusivement fournies par sa mère; manière favorite d’aborder son petit frère : lui mettre une fourchette dans les yeux ? L’arsenal de bonté, de compréhension et de persuasion s’étant avéré inefficace, et après avoir assuré à votre enfant que vous l’aimiez tout en désapprouvant un de ces actes particuliers, ne croyez-vous pas que vous-même devriez en venir à une sorte de punition ? Et rien au monde ne peut empêcher l’enfant d’interpréter votre comportement comme une terrible injustice. Et rien ne peut l’empêcher de rester insensible à la punition et de répéter la même routine par provocation.

En d’autres termes, la conduite de l’enfant représente les résultats de la solution qu’il a donnée à ses conflits intérieurs et non les résultats des attitudes parentales. Si l’enfant est adonné à un masochisme psychique considérable, il tirera une punition des éducateurs les plus bienveillants. D’autre part, comme nous l’avons déjà dit, sans souvent s’en rendre compte, les parents fournissent ce qui est conçu comme une punition par des expressions du visage, des intonations, des regards exaspérés qui sont évoqués comme de la « méchanceté » prolongée.

L’enfant tient compte des manifestations voilées ou manifestes de l’attitude parentale. Par conséquent, un grand nombre de parents qui « ne punissent jamais » un enfant doivent malgré tout affronter ce que l’enfant construit comme une punition.

Les méthodes éducatives punitives du passé permettaient aisément à l’enfant d’être puni. Aujourd’hui, l’enfant disposé à tirer un plaisir inconscient d’un déplaisir conscient éprouve des difficultés. En dépit de lettres nostalgiques adressées aux auteurs, la différence ne justifie pas et n’autorise pas l’ancien système. Il s’agit malgré tout d’une différence comportant une implication mi-figue mi-raisin.

Les manoeuvres inconscientes que comporte la « solution » masochique sont étroitement liées au phénomène de projection. C’est un processus par lequel un individu attribue ses sentiments inacceptables à un autre individu. Comme l’a montré l’école anglaise de psychanalyse, l’enfant use largement de la projection pour disposer d’une partie de son agressivité.

Si, pour des raisons intérieures, il le fait en attribuant ses propres tendances agressives à ses parents, il percevra son père et sa mère comme des êtres minables, méchants et cruels, même s’ils sont objectivement bons, dévoués et indulgents. Parce qu’il construit des éléments de sa conscience intérieure en les identifiant à ses parents tel qu’il les perçoit, la projection lui apporte des difficultés supplémentaires dans la déformation des faits réels.

J’ai été récemment le témoin du spectacle donné par une femme qui renonçait à sa profession pour se dévouer entièrement à son petit garçon. Elle tenait à satisfaire elle-même tous ses besoins et penser éviter ainsi « toute frustration ». Après quelques semaines de ce régime de soins constants elle se trouva avec un enfant inconsolable dès qu’elle le quittait un instant. La pauvre femme était victime de son manque de compréhension du sens réel du terme « frustration »; elle ne comprenait pas que trop d’indulgence pouvait décevoir un enfant aussi douloureusement que trop peu d’indulgence.

Trop d’indulgence rend l’enfant insatiable ; lorsque le mieux s’avère insuffisant il n’y a d’issue ni pour l’enfant ni pour le parent. On ne peut malheureusement épargner toute déception à l’enfant. Certaines frustrations sont inhérentes à son adaptation à la réalité - en particulier les offenses inévitables faites à son fantasme de mégalomanie.

La façon dont il accepte ces frustrations inévitables paraît être décisive. L’enfant qui ressent comme un affront majeur le fait d’attendre son lait pendant quelques minutes (comme ce sera le cas s’il commence sa vie avec un sens aigu de sa mégalomanie) donnera un individu sur lequel toute privation aura des effets marqués.

Il est assez curieux de constater qu’une des complications nées des récents principes éducatifs ait été une acceptation trop littérale de la part des parents. Après tout, les découvertes scientifique ne sont pas des formules dont le succès soit garanti. Mais on les a considérées ainsi pendant deux ou trois décennies. Au cours de ces décennies, on a découvert que les formules, quelle que soit la fidélité avec laquelle elles ont été suivies, aboutissent toujours au quota habituel d’enfants névrosés. Il n’est pas étonnant que cette découverte ait été suivie d’une réaction brutale. Il est maintenant vraisemblable que l’attitude générale sera de condamner plutôt que de réajuster leur application.

C’est l’optimisme exagéré, partagé par les parents et les éducateurs, qui est le piège réel, puisqu’il garantit la déception. Il y a de multiples façons de gâcher sa vie, mais aucune n’est plus sûre que l’attente névrotique. Une partie de cette attente injustifiée peut être éliminée en admettant que les parents n’ont qu’un rôle très relatif dans le développement psychique de l’enfant. Les enfants peuvent être des sources de joie pour les parents; ils sont trop souvent des fauteurs de malheur.

Il y a des raisons biologiques au désir d’avoir des enfants, mais l’état de parent présente une structure inconsciente complexe dont les parents sont inconscients. Ils les considèrent comme des investissements de gratitude alors qu’ils devraient les considérer comme des investissements d’identification possible. A moins que leur attente soit modeste et limitée, les parents peuvent finalement découvrir que le fait d’élever une famille a été un investissement d’injustice.

La polémique concernant l’influence dominante ou limitée des parents n’est pas un fait nouveau en matière de psychanalyse. Du point de vue scientifique, le coeur du problème a été la question de savoir à quel degré de précision ou de déformation l’influence parentale a été emmagasinée dans la conscience inconsciente (Surmoi) de l’enfant. En 1932, Freud a dit à ce sujet:

« Le surmoi semble avoir fait un choix unilatéral, n’avoir choisi que la dureté et la sévérité des parents, leur fonction préventive et punitive, ne pas tenir compte de leur tendresse. Lorsque les parents sont en réalité des tyrans sévères, nous pensons qu’il est facilement compréhensible qu’un surmoi sévère se développe chez l’enfant. Mais l’expérience montre, contre toute attente, que le surmoi peut acquérir un caractère identique de dureté impitoyable même lorsque l’éducation était peu sévère et bonne, que les menaces et les punitions étaient évitées autant que possible » (Gesammelte Schrifen, XII, p.216)

L’école anglaise de psychanalyse a constamment signalé le caractère projectif des « observations » de l’enfant. Freud a partiellement accepté cette thèse. Il écrivait dans Malaise dans la civilisation : « L’expérience prouve que la sévérité du surmoi développée par l’enfant ne reflète en aucune manière la sévérité du traitement dont il a fait réellement l’expérience, comme l’on affirmé justement Mélanie Klein et d’autre auteurs anglais. Cette sévérité de la conscience semble en être indépendante ; mais lorsque l’éducation a été peu sévère, l’enfant peut développer une conscience très sévère.»

Ce qui manque dans ces discussions, c’est le rôle essentiel que joue la solution psycho-masochique dans laquelle le moi inconscient accepte la torture infligée par le surmoi et la transforme en « plaisir masochique ». J’ai insisté sur ce processus dans des publications antérieures. Il est indépendant de tous les moyens éducatifs.

Pour en revenir à la question fondamentale de savoir si les parents sont responsables des névroses de leurs enfants - mon opinion franche est qu’ils ne le sont pas. Le pire que même des parents névrosés puissent faire est de contraindre l’enfant à créer des défenses inconscientes spécifiques, temporaires, alors qu’au mieux des parents normaux ne peuvent empêcher des malentendus infantiles spécifiques. Le fait que l’enfant perpétue ces malentendus ou les défenses improvisées, ou qu’il y renonce dépend de son élaboration inconsciente personnelle.

C’est là, en fait, la question cruciale, la tendance inconsciente qui, plus que toute autre, différencie l’enfant peu névrosé de l’enfant névrosé. Une défense névrotique créée pour faire face à une situation spécifique peut être abandonnée lorsque la situation change; ou bien elle peut être maintenue comme une partie permanente de la structure psychique, même après que la situation qui l’a provoquée soit devenue le passé. La solution masochique est utilisée dans les deux cas - mais à des degrés différents. Et ce n’est que dans le second cas, où l’enfant est si profondément adonné au modèle masochique, que tous ses actes en sont imprégnés.

Pendant plus de trente ans d’exercice de la psychanalyse sur deux continents, j’ai été témoin de la transition entre la forme éducative punitive et la forme éducative tolérante et j’ai vu les produits du deux systèmes sur le divan analytique. Dans la mesure où intervient le fléau fondamental du masochisme psychique, les résultats ont été identiques.

Tout ce qu’on peut raisonnablement attendre des parents est qu’ils fassent de leur mieux pour leurs enfants. Le reste ne dépend que d’eux.


 

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